Novella légère et un peu grave pour l’été: « Aimez-vous la danse ? »(extrait)

Existe en versions numérique et papier.

« « Aimez-vous la danse ? Même si les cœurs hésitent, emportés par une étrange valse de circonstances, même si les corps se heurtent à l’implacable tempo du destin, la danse se poursuivra…trépidante de vie » De l’amour, du polar, de l’élégance, entrez dans la danse de Claude Colson. »

« Même si les cœurs hésitent, emportés par une étrange valse de circonstances, même si les corps se heurtent à l’implacable tempo du destin, la danse se poursuivra…trépignante de vie ». De l’amour, du polar. Aimez-vous la danse ? de…
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Petit cadeau  pour mes fidèles lecteurs : nouvel extrait (les 15 premières pages sont sur youscribe)

Chapitre 22

Le vendredi, dès le matin, Lionel avait appelé Marie-Hélène et ils avaient convenu de se retrouver dans un snack, place du Suquet, un coin charmant près de la colline et non loin du vieux port.

À 18 h 15, Lionel s’y trouvait déjà. Le temps lui avait semblé infiniment long depuis son appel téléphonique. Puis il avait eu peur que sa vieille voiture le lâche justement ce jour-là.

Il avait pris passablement d’avance et dès 17 heures il était à Cannes. Il avait tué le temps en flânant dans les rues piétonnes pavées.

À 18 h 35, Marie-Hélène entra dans le snack. Lionel, mort d’impatience, voulut se précipiter pour l’accueillir, mais il se prit les pieds dans la bandoulière de son sac. Il s’étala misérablement aux pieds de Marie-Hélène.

Avec un grand rire, elle l’aida à se relever, tandis que les autres clients s’esclaffaient.

— Bon, voilà une entrée en matière amusante qui, j’en suis sûre, n’augure en rien de vos talents de danseur, Lionel. Mais excusez-moi, j’aime taquiner les gens. Vous allez voir, ça va se passer très bien, cet apprentissage !

Un peu penaud encore, Lionel prit le parti de rire de cette mésaventure. Ils le firent à l’unisson.

— J’espère en effet vous montrer de quoi je suis vraiment capable, ha, ha, ha ! Et puis, c’est trop bête, je vous tutoie !

— D’accord, Lionel, tu… tu n’es pas trop angoissé ?

— Eh bien, si, mais avec toi comme professeur, je suis certain que ça va aller.

Ils dînèrent d’une salade et ils se rendirent au club de danse. Lionel réussit à y étonner Marie-Hélène par des aptitudes surprenantes ; il apprenait très vite et cela faisait le bonheur de son amie.

Ils terminèrent le cours par quelques tangos. Lionel, subjugué par le corps jeune, tiède et souple qu’il avait le privilège d’enlacer, acheva immédiatement de tomber amoureux.

En quittant les lieux, voyant que sa compagne paraissait dans les mêmes dispositions, il l’attira à lui et l’embrassa longuement.

C’est avec la promesse de se revoir au plus vite que chacun regagna son domicile.

Ils ne tardèrent pas à devenir amants, en fait dès le week-end qui suivit. Marie-Hélène avait rejoint Lionel dans ce qu’il appela à partir de ce moment, un léger sourire aux lèvres, « sa garçonnière ».

Chapitre 23

Le même dimanche, Jean-Pierre avait invité ses collègues policiers à un barbecue, le soir.

C’était la mi-juillet passée, la journée n’avait pas été très belle. Dès 22 heures, il commença à fraîchir. La viande était déjà grillée à point et ils se rendirent dans la salle à manger, au moment où un petit grain s’annonçait ; le ciel s’obscurcissait fortement.

Tout le temps que Jean-Pierre s’était affairé au grill, René, Pauline et Martin avaient pris l’apéritif joyeusement, sur la terrasse. Pauline s’était jusque-là tenue à carreau et l’ambiance était des plus détendues.

C’est Jean-Pierre qui avait mis fin à cette première partie de la soirée d’un sonore :

— Bon, c’est pas tout ça, on passe à table !

Ils se régalèrent du mouton grillé accompagné de diverses salades et, pour les gourmands, de quelques frites au four. Pauline les picorait avec les doigts, qu’elle suçait parfois sensuellement en regardant si Jean-Pierre la voyait. C’était chez elle un vieux réflexe, quasi atavique, mais au fond d’elle-même elle avait renoncé à le conquérir.

Le rosé de Provence et le Bandol coulaient généreusement, blagues et rires fusaient, quand soudain des coups de feu claquèrent.

La première balle avait fracassé le lampadaire extérieur de sorte que, dans l’obscurité naissante, on ne voyait pas grand-chose au-dehors. La deuxième toucha Pauline, qui se mit à hurler de douleur et s’écroula. René gueula :

— Tous à terre, Bon Dieu, et dépêchez-vous de défourailler, on va pas se faire tirer comme des lapins ! Jean-Pierre, éteins, nom de Dieu, on va tous y passer !

Le lieutenant Quinot avait cru voir quelqu’un et fut le premier à riposter. Manqué.

D’autres balles brisèrent les vitres et vinrent s’écraser sur les murs de la salle à manger. Pauline, à terre, gémissait ; Jean-Pierre vint lui porter secours.

Le commissaire se rua dehors en vidant son chargeur en direction de l’endroit où il avait vu une ombre s’enfuir. Il faisait trop sombre pour vraiment ajuster le tir. À présent, René courait vers la silhouette qui détalait, mais elle avait de l’avance. L’individu enfourcha une moto et démarra à toute vitesse. Lorsqu’il passa le porche éclairé marquant l’entrée du domaine, il se retourna, apeuré, et René reconnut le Tchèque.

— Merde, impossible de le poursuivre, avec cet engin il nous échapperait facilement. C’est le Tchèque ! Et Pauline, où est-elle touchée ??

Il avait crié cette dernière phrase.

— Rien de grave, chef, la balle m’a juste traversé l’bras. Ça pisse le sang, mais Jean-Pierre a déjà fait un garrot. Ça ne devrait pas être trop grave.

— Ouf, tant mieux. Quinot, fonce la conduire aux urgences de l’hôpital. Les collègues te guideront par radio et préviendront le service.

Jean-Pierre, abattu, répétait, hébété :

— Ah, le con, le con… il ne l’emportera pas au paradis.

Le lieutenant parti, ils burent un café pour se remettre et se séparèrent. René assura que, de son côté, il allait lancer un avis de recherche.

— Ça ne sera peut-être pas utile, dit Jean-Pierre.

René le regarda, interloqué, mais mit cette bizarrerie sur le compte de l’émotion. Il salua son ami puis prit congé.

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