De la construction d’un roman court et généralités sur l’écriture et l’édition

Bonjour, lesite https://sherlockstlouisetc.wixsite.com/sherlockstlouisetcie me propose d’écrire un article sur l’écriture d’un roman, par ex., et je ne sais trop par où commencer… tant je me crois plutôt auteur atypique, enfin comme chacun peut-être :).

Je vais avoir 68 ans et j’ai 9 livre édités, un contrat signé pour le 10 ième et un autre en recherche d’éditeur ; des genres littéraires divers mais toujours dans le court car – je pense ; je peux me tromper – je suis d’abord poète, la poésie étant une école de concision.

L’écriture m’a pris à près de 46 ans et m’a depuis toujours hanté.

J’arrête ces mots de présentation car ils pourraient nous éloigner du sujet. Une chose importante encore : mon problème n’est pas la rédaction elle-même, j’écris assez facilement voire facilement, mais bien plutôt de trouver un sujet déjà (cela peut me paralyser dans la mesure où, à tort ou à raison, je me dis que j’ai peu d’imagination) et en plus un sujet qui me motive suffisamment pour vaincre ma paresse naturelle car pour une novella – ce que sont en fait mes textes de fiction (j’atteins à ce jour péniblement 150 pages de livre ; j’écris « à l’os » et m’interdis de délayer… La poésie, vous dis-je ! ) ou un roman, il y a du travail. Cela s’oppose à ma conception de la poésie qui est chez moi fulgurance, envahissement beaucoup plus que travail : je suis adepte du quasi premier jet.

Je vais essayer de vous parler de mon roman court (novella de 107 pages), « Aimez-vous la danse ,  » paru en 2014 aux éditions Hélène Jacob.

LE LIVRE

17 600 mots, 103 400 signes

Je retrouve mon dossier d’écriture ( à l’époque j’écrivais encore à la main, avant de tout retaper à l’ordinateur ) et cela va m’aider à vous parler du processus d’écriture.

Il peut être divers selon les caractères des auteurs, voire pour un auteur de livre en livre.

La quatrième de couverture :

Quand, lors d’un congrès de policiers, un ex-flic à la retraite rencontre une spécialiste en biologie, la vie de tous deux va se trouver profondément modifiée. Chacun mène jusque-là de son côté une existence peu satisfaisante et bientôt, près de Nice, une idylle s’instaure.

Tout semble aller pour le mieux.

Pourtant Jean-Pierre Delsault, l’inspecteur en question, est bientôt rattrapé tant par des soucis liés à son âge que par le surgissement inattendu de son passé professionnel.

Il va alors, utilisant ses relations, imaginer et mettre en œuvre sans faillir une solution peu banale qui lui permettra de maîtriser tous ces problèmes à la fois, en une sorte de pirouette imprévisible et surprenante.

Genèse :

La période d’écriture s’est étendue de juillet 2010 à février 2011, probalement à des rythmes divers.

À cette époque, je quittai mon activité professionnelle pour partir à la retraite, à 61 ans. Je voulais écrire quelque chose en rapport avec cette nouvelle phase de la vie et surtout une fiction .

C’était mon septième livre et jusque-là j’avais écrit majoritairement et diversement (3 récits de vie, un roman court) sur l’amour et la passion amoureuse . J’ai gardé ce thème qui quelque part me sécurisait (toujours cette crainte du manque d’imagination) en choisissant comme protagonistes un tout jeune retraité et une femme plus jeune d’une quinzaine d’année.

L’imagination venant en faisant – car l’écriture s’auto-génère – la novella s’est construite d’elle-même tout autant qu’en suivant le plan que j’avais préalablement établi (toujours ce besoin de sécurisation mais on ne peut pas tout prévoir car les personnages vous échappent en partie pour vivre leur vie, tout auteur vous le dira et c’est fascinant).

Si mes souvenirs sont bons j’ai d’abord choisi la période temporelle : 2008, c’est important pour qu’ensuite tout soit cohérent.

Puis j’ai dressé un plan sommaire des chapitres (3 pages 21 x 29,7 gribouillées affreusement) et en écrivant je réfléchissais à ce qui pouvait arriver aux personnages que je créais alors, sous le besoin, pour l’intrigue qui se construisait au fur et à mesure de mes réflexions.

J’ai obtenu ainsi d’abord 33 chapitres ou rebonds de l’action (ils sont devenus 31 au final et l’ordre a été modifié, tout évolue constamment).

J’ai repris ensuite cette ébauche de plan juste pour lister les personnages qui intervenaient dans l’histoire (11 environ), afin de ne rien perdre de vue. Fiche à avoir toujours sous les yeux.

L’étape suivante a consisté à créer une fiche pour chaque personnage en leur donnant toutes leurs caractéristiques physiques et psychiques, morales etc, très schématiquement, car cela risque aussi de changer lors de la rédaction. Ces détails sont très nombreux et certains ne seront pas repris dans le texte car inutiles finalement ou risquant de faire fastidieux et « roman russe du 19 ième siècle ».Il s’agit lors de la rédaction d’essayer de les introduire peu à peu et subtilement dans l’intrigue, équilibrer la description qui ne doit pas être figée avec le besoin de ce détail pour le récit.

Normalement on « devrait » supprimer tout ce qui ne sert à rien.

Ces fiches synthétiques m’ont été très utile afin de toujours veiller à la cohérence de l’ensemble.

Alors peut intervenir le moment que moi j’attends avec impatience : l’écriture du premier jet de l’histoire, plus agréable à mes yeux que les travaux techniques précédents.

Chez moi, et chez beaucoup – je pense, on laisse courir la plume qui va suivre le plan prévu ou le bouleverser, parfois profondément.

L’essentiel de l’ossature est alors obtenu (pour moi qui écrit beaucoup en « premier jet »)

Viennent ensuite beaucoup de lectures qui, chacune, modifient le travail obtenu : on ajoute, supprime, inverse, change l’odre, peaufine l’analyse ou l’écriture.

Vers la fin, j’ai dressé, en relisant, une fiche chronologique des événements décrits par chapitre pour veiller à ce que tout soit cohérent en interne et aussi vraisemblable dans la période historique choisie.

À l’époque , le fait de retaper à l’ordi était encore une occasion de plus de tout passer en revue.

Si je reviens à l’histoire, j’ai été très heureux de trouver une fin percutante en puisant dans mes souvenirs d’un vieux film du tout début des années soixante-dix avec Maurice Ronet, acteur que j’adorais alors, Adapter la fin de ce film à l’histoire de mon roman était à mes yeux une manière subtile car peu visible de lui rendre hommage (je vous révèle à-demi un secret).

Quand on considère que le travail est terminé, il reste les innombrables relectures pour traquer les coquilles, fautes, redites (on peut s’aider de logiciels, moi pas, je me fais trop confiance…), Inmanquablement on va encore changer quelques petites choses, mais de fait on commence à « en avoir marre » de son texte qu’on connaît par coeur, croit-on : certains lecteurs, parfois, par leurs réactions vous apprendront des choses insoupçonnées. Il est alors temps de savoir s’arrêter, parfois en se faisant violence, pour livre le texte au public.

Vient suite le processus d’édition :

l’auteur débutant croit avoir fait l’essentiel , une fois son livre écrit, Hélas ! Cela commence seulement. Il s’agit maintenant de trouver un éditeur et aujourd’hui plusieurs solutions s’offrent à lui, le compte d’auteur moyennant finances (attention beaucoup de margoulins sont sur le marché), l’auto-édition – assistée, en général par une association – ou non assisté (beaucoup de travail en perspective alors pour la mise en page, le référencement etc) ou ce qui est parfois considéré comme le Graal : le compte d’éditeur,

C’est ce dont je rêvais bien sûr, comme beaucoup. Bien vite on se rend compte que les grandes maisons qui reçoivent parfois plus de 7000 manuscrits par an sont inaccesibles ou presque (elles n’ont qu’à se pencher pour prendre de temps à autredans leur écurie un inconnu, tant ceux-ci sont nombreux à frapper à la porte). La crise de l’édition et la crise tout court n’arrangent rien…

J’ai personnellement fini par trouver pour ce livre un petit éditeur indépendant (attention, il faut bien se renseigner sur le net, voire en interrogeant les auteurs édités là car une fois encore ils ne sont pas tous irréprochables, il m’est arrivé d’en faire les frais pour d’autres livres.) Après 4 ou 5 ans d’activité les faillites sont nombreuses et l’auteur est confronté à d’autres problèmes sans jamais, ou quasiment, récupérer ses droits d’auteur.

Le plus terrible, pour trouver cet éditeur, est qu’il faut souvent faire de multiples envois, ce qui coûte cher quand l’éditeur exige un envoi papier, (nécessité d’esssayer de bien cibler ceux qui éditent des choses proches de votre « oeuvre » et surtout il faut se blinder pour les mois d’ attente avant d’éventuellement recevoir une réponse (mon record 21 mois), le plus souvent négative, quand elle existe.

Là, pour ce livre, c’est très ancien mais j’ai dû m’adresser à au moins 44 éditeurs (je suis tenace). [Un autre de mes livres a été édité au 63 ème envoi… Votre manuscrit, votre coeur, votre sang doit en fait tomber au bon endroi, dans de bonnes mains et au bon moment pour avoir une petite chance de voir le jour. Les maisons d’édition sont avant tout des entreprises commerciales et non des oeuvres philanthropiques !]] avant d’avoir 2 acceptations dont l’une me proposait d’attendre encore plus d’un an pour publication.

Le livre est paru en juin 2014 chez Hélène Jacob, éditeur numérique avec possibilité d’avoir des versions papier.

Lorsque je l’ai envoyé à cet éditeur, en fait les soumissions étaient fermées, sauf pour le polar.J’ai donc joué de ce que la deuxième moitié du texte vire au polar, avec un inspecteur de police rattrapé par son pass, pour l’envoyer quand même. (J’avoue, j’ai « rusé »). Il a été classé en littérature sentimentale et accepté. Moi, je dirai que c’est de la littérature sentimentalo-polar avec accent sur la rencontre amoureuse.

Il faut savoir qu’ en général un auteur peu connu ou médiatisé devra faire l’essentiel du travail ensuite pour vendre son livre, les petits éditeurs indépendants n’ayant généralement pas les moyens de se payer un diffuseur pour accéder au marché des librairies.

L’auteur devra mouiller la chemise pour vendre ses livres (dédicaces en salons du livre, librairies, espaces culturels des grandes surfaces, autre : comités d’entreprise etc).

Enfin il faut savoir que l’auteur est l’acteur le moins bien payé de la chaîne du livre, le plus tard (généralement une fois par an sans grand contrôle possible), et qu’il touche le plus souvent de 5 à 10 % du prix HT du livre.

Ce livre : « Aimez-vous la danse ? » , disponible en version numérique et papier (2,99 euros et 10,45) chez Hélène Jacob, sites marchands, voire dédicacé auprès de moi.

Aussi donc :

Pour les libraires : http://www.editionshelenejacob.com/contact-reserve-aux-librairies/

Mon blog claudecolson.wordpress.com (où une page lui est consacrée ainsi que plusieurs articles qui se trouvent dans la catégorie « Plus sur mes livres » (faire défiler),

Mon mail : monilet@wanadoo.fr (disponible pour échanges)

Un avis de lectrice : Gisélec : « Claude Colson sait nous parler des rencontres amoureuses. Cet auteur, si tendre et sentimental, nous entraîne à nouveau vers des rêves d’amour vrai ! Il nous invite à une danse où rêve et vérité n’ont rien de contradictoires. L’amour peut arriver, puisqu’on y croit, puisqu’on le cherche, puisqu’on le veut, puisqu’on l’attend…Alors, oui, cette danse, on l’aime..Elle fait glisser les pas au-dessus de la finitude des jours ordinaires.
à chacun sa danse! Même si les cœurs hésitent, emportés par une étrange valse de circonstances, même si les corps se heurtent à l’implacable tempo du destin, la danse se poursuivra…trépignante de vie. (Gisélec pensait peut-être « trépidante » ; ndlr)
La chute du récit est inattendue, élégante comme un pas de tango renversé, furtive comme une révérence…Elle clôt à merveille cette escapade entre vie et mort si bien rythmée. Bravo ! C’est à lire ! »

Beaucoup d’autres avis sur mon blog et/ou amazon.

P.S. : ceci ne prétend en rien être une recette, c’est juste le reflet d’une expérience précise.

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5 réflexions sur “De la construction d’un roman court et généralités sur l’écriture et l’édition

  1. Grand, Grand BRAVO, Claude, vraiment, de tout coeur ! C’est superbe, ce que tu as fait… Il faudrait que je prenne exemple sur toi … Tellement de choses à faire… Mais je vais m’y remettre… Je vais lire, en attendant, ton article ! Un très grand MERCI ! Bises. Elisabeth 🙂

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  2. Je l’ai…….pas encore lu……mais je vais le faire et te dirai ce que j’en pense….j’ai toujours aimé les histoires de détective…..bisous….mjo

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  3. Mon cher Claude,
    Ta méthodologie d’écriture est fort intéressante et le parcours du combattant jusqu’au lecteur démontre ta ténacité, bravo !
    Cet article révèle un autre point commun entre nous, c’est cette passion pour Maurice Ronet. Je me suis replongé dans sa filmographie et je ne me souvenais pas qu’il avait été aussi prolifique… 4 à 5 films par an dans les années 60/70 ! Ceux qui m’ont le plus marqué : Ascenseur pour l’échafaud (avec en prime l’excellent Miles Davis), Plein Soleil et La piscine… Mais il y en a bien d’autres, qui m’ont laissé un excellent souvenir et je ne me consolerai jamais de la fin prématurée de cet acteur fabuleux.
    Un autre acteur fascinant est Jean-Louis Trintignant, dont l’interview dans l’Obs il y a quelques semaines m’a beaucoup marqué.
    Sans oublier bien sûr Alain Delon…
    Il y en a tant d’autres qui me manquent (en particulier Romy Schneider).
    Réflexion : Vaut-il mieux disparaître prématurément en laissant des regrets ou montrer ses souffrances en attendant la mort ??

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    1. Je rentre de vacances dans ton coin, au sens large ; que répondre à ta question, je ne sais. Goethe, lui, a dit : la vie, quelle qu’elle soit, est qqch de bon. « Das leben, wie dem auch sei, es ist gut. »

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