Une analyse très complète de « Deux, pair et manque », roman court

C’est à ce jour mon neuvième et dernier livre édité, nov. 2015 aux éditions LC (Langlois Cécile) (voir ICI la page qui lui est consacrée et également certaines choses dans la catégorie « Plus sur mes livres ».

Voici un avis assez exhaustif d’un lecteur inconnu que je remercie, J.P..

 »

Tout d’abord, je commencerai en disant que j’ai aimé ce livre.

Pour cela, je vous remercierai de l’avoir écrit (d’une part), mais aussi d’avoir réussi à me le vendre, car sans votre contact et votre abord chaleureux, je ne l’aurai probablement pas acheté, étant pour ma part  …/davantage attiré par les livres plus « volumineux ».

Ceci étant ma conclusion générale (que je vous colle en premier) afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté quant à la direction générale de cet email.

Ce que j’ai aimé

· Je n’ai pas compris le titre.

· L’histoire en général. Cette recherche d’identité vue sous le prisme du débroussaillage d’un passé englouti m’a stimulé. J’ai une dilection particulière pour les histoires de famille, les secrets enfouis, ces non-dits qui procèdent de motivations troubles et pourtant légitimes. En cela votre histoire est une véritable réussite.

· Le format du livre qui se lit d’une traite. « L’efficacité » du récit.

· Le fait de glisser d’un protagoniste à un autre pour clore une partie de l’histoire. Par exemple, suite à la rupture du caractère principale avec sa femme, on passe pendant un moment de celui-ci à Jean-Jacques, son suicide, la lettre, puis Anne, divorcée et parti refaire sa vie et dont on entendra plus parler ensuite. Cette façon originale de glisser dans les personnages afin de finir un volet de votre histoire m’a plu.

· La continuité transposée entre le protagoniste principal et son fils adoptif Sylvain qui retourne découvrir ses parents biologiques en Roumanie.

· Le rythme général de la narration qui étale la recherche sur plusieurs décennies. Toute cette découverte finalement laborieuse, j’ai trouvé, ancrait le récit dans une probabilité réaliste l’éloignant de cette verve fictionnelle – avouons-le ici – toujours prompte à flirter avec le boniment, adoptée par le roman en général.

· Les non-dits de cette histoire. Je parle ici des passages à peine exhumés, mais pourtant mentionnés de l’enfance ou de l’adolescence de Paul. Mais aussi, je comprends ici l’attitude ambigüe des enfants de Gustave, celle du frère et celle de cette sœur décédée qui tombe des nues au téléphone avec le protagoniste, mais qui assure Agnès qu’elle est certaine de la chose.

· Le fait que le mystère, reste non élucidé (totalement).

· Les fausses pistes (le faux fils allemand, les doutes sur la sexualité du protagoniste principal).

· Finalement – et probablement le plus important de tout selon moi – la fin est très belle.

Ce qui ne m’a pas plu

· Je n’ai pas compris le titre. Un jeu de mot entre Pair et père… Deux couples ? Deux enfants aux pères différents ? Deux pères qu’il a manqué finalement tous les deux ? Il est vrai que je n’ai aucune connaissance des jeux de hasard, ni de leurs terminologie.

· L’utilisation du présent sur le début de la narration (dans les premiers chapitres) « aplatit » le récit et nuit à l’appropriation que le lecteur peut se faire des personnages. Il en ressort une impression mitigée où, finalement, j’ai pour ma part, éprouvé de la difficulté à m’attacher d’emblée aux personnages qui semblaient manquer de « chien ». Ce problème est probablement imputable au format du récit ne laissant guère la place, ni le temps à l’étude plus approfondie des caractères des personnages. D’ailleurs, coïncidence troublante, le récit prend vraiment son ampleur avec l’utilisation du passé intervenant dans les chapitres suivant.

· Le format du récit par rapport à l’histoire elle-même. Cette quête toute intime fut-elle, eut peut-être mérité d’être traitée plus en longueur, avec l’utilisation – justement – de plus de ressorts propres au roman. Des souvenirs d’épisodes de familles, flash-backs par le biais de dialogues entre Paul et ses autres frères et sœurs, place plus prépondérante accordée à la mère, sphynx central de l’intrigue, mais finalement à peine effleuré…

· Les personnages d’Anne, des enfants, de Vivianne, de Brigitte, d’Odette et même parfois de Paul, auraient peut-être mérité un traitement plus « déployé ».

· La « fausse piste » allemande aurait mérité un petit chapitre à elle seule, histoire d’emmener le lecteur dans des impasses qui finalement auraient pu contribuer à l’assaisonnement de l’histoire et fouetter son rythme par une gestion de temps faibles et temps forts. Là encore, je réalise qu’une telle cuisine s’applique davantage aux récits plus longs alors que le roman court, structurellement, induit une certaine intensité plus linéaire dans sa nature.

· L’irruption des dialogues en général, qui viennent souvent couronner une longue narration, parait soudain déplacée. Ils se retrouvent souvent dépréciés par leur brièveté même. Par manque de réplique, ils en perdent leur ressort. Cette sous-exploitation, contribue à mon sens, à l’aspect un peu monodirectionnel des acteurs.

· Enfin, lors de la longue latence qui afflige Paul lors de ses recherches alors que son monde, son couple et son travail, s’écroulent, la nature même de ces recherches, reste très vague. Proie à une déprime, il effectue inlassablement ces recherche, certes, mais comment cela s’organiste-t-il ? Une description explicative aurait relevé l’intérêt de ces chapitres et permis des préhensions plus intimes de l’histoire.

Voici pour mon retour, monsieur Colson.

Encore une fois, je réitère ce que j’avançais au début de ce mail, à savoir que – malgré le paragraphe précédent qui, je l’espère ne vous aura pas heurté- ce livre m’avait beaucoup plu et que c’est avec plaisir que je me lancerai dans la lecture d’un autre de vos ouvrages. »

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