Odeurs suaves ( brève en prose)

Sortir. Un jour maussade. Le gris est dans l’air ambiant, dans le paysage, dans le coeur peut-être.

Descendre la rue familière quand, soudain, devoir lever les yeux, surpris.

L’odeur enivrante, capiteuse d’un lilas pousse à chercher sa source. Elle est là, loin, à soixante pas au moins.

Des grappes florales nombreuses, denses, surplombent le haut mur terne, recouvrent son sommet et se penchent même un peu par-delà, vers moi, inacessibles. Un splendide lilas blanc dont les puissants effluves me sont apportés par le vent vif de ce tout début de printemps qui remonte cette rue en boyau.

Regarder, interloqué, cette beauté, cet immense bouquet qui me sourit et dont, dans mes parcours quasi quotidiens, je n’avais pas encore remarqué la floraison. Lire la suite « Odeurs suaves ( brève en prose) »

Pierrot, le pêcheur (historiette)

lac-brume

Ce texte est un peu fétiche pour moi. Je l’ai écrit en 2007, alors que j’avais déjà rédigé trois livres d’auto-fiction, des récits de vie dont deux avaient été publiés et que j’écrivais depuis onze ans.

Je pensais à l’époque que je ne pouvais sortir de ce genre, par manque d’imagination, qu’il m’était impossible d’écrire un récit de fiction. C’est alors que, sur le net, j’ai découvert un « jeu d’écriture » qui consistait à « inventer un personnage ». Hésitant, j’ai quand même décidé de participer et c’est ainsi qu’est né « Pierrot, le pêcheur ».

Je crois pouvoir dire que c’est ce mini-récit qui a débloqué chez moi l’écriture fictionnelle, pour le meilleur ou pour le pire 🙂 .

   Ben oui, c’est ce qu’il a trouvé comme occupation, le Pierrot, pour échapper à sa virago domestique.
Le week-end donc, aux premières lueurs , il se harnache du matos : bourriche, épuisettes, gaules et tout le toutim, et il fonce tremper sa ligne dans le plan d’eau le plus proche.
La pêche, il n’a jamais vraiment aimé, mais bon il faut bien que son alibi tienne. Alors il s’emploie à rapporter à l’Hortense quelques poissons qui, reconnaissons-le, ne lui ont pourtant causé aucun préjudice.

Il en laisse filer pas mal du reste car ce qui l’intéresse, c’est de rêver d’ailleurs en contemplant les brumes de l’aube, les fumerolles du matin qui dérivent sur l’étang et, plus tard dans la journée, le vol tantôt immobile, tantôt  saccadé des libellules près des roseaux ainsi que les moires infiniment changeantes à la surface de l’eau.
Il rêve, le Pierrot. Il est un peu poète et même que s’il osait, il écrirait des vers….
Ça le changerait de ceux qu’il doit accrocher au bout de l’hameçon, il se dit.
Y’a des philosophes qui prétendent que le pêcheur est « non seulement un héros de la patience mais aussi un prophète de la foi ».

   Tout ça, il s’en fout , le Pierrot. Il rêvasse sa liberté.
Une liberté du dimanche.

L’appartement (mini-nouvelle)

appartement

 

Désoeuvrée, elle s’approcha du balcon puis rentra  à l’intérieur de l’appartement.

 
Il n’était que 10 heures en ce  matin estival et le soleil cognait déjà bien fort par dessus la montagne. Elle resta là, assise devant la baie vitrée, contemplant le calme absolu de ce dimanche. D’où elle se trouvait, elle ne pouvait voir le bas des pentes et donc aucun humain. Étaient-ils déjà debout du reste ? On était au milieu des vacances. Les seuls mouvements perceptibles étaient ceux des hirondelles qui chassaient en bande, prenant soudain toutes ensemble des virages brusques.
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